A propos du livre que je n’arrive pas à finir…

Il y a un tout petit peu moins de deux ans, je me suis lancé dans l’écriture d’un nouveau bouquin sur les fake news, sur la confusion médiatique, sur « l’infobésité », sur l’impact de tout cela dans nos vies quotidiennes et accessoirement sur nos cerveaux. Et figurez-vous que j’ai tout de suite trouvé le titre, bien avant d’en avoir écrit la première ligne. Je me suis dit que mon bouquin allait s’intituler : « Allons-nous tous devenir complètement abrutis ? »

Car le truc est que j’ai bien peur que nous devenions tous des légumineux à force de suivre, croire et partager le premier tweet venu. Et encore, je vous dis ça mais j’ai une grande passion pour les légumineux à l’image de ces lentilles du Berry que mon traiteur français émigré à Bruxelles nous vend le dimanche sur le Parvis de St Pierre à Uccle. Mais revenons à notre sujet.

Je me suis donc lancé dans sa rédaction, fier comme Artaban, il y a deux douzaines de mois, certain de mon fait et accessoirement de mon analyse. J’en ai écrit environ 130 pages à l’heure où je commets ces lignes et puis plus rien, la panne sèche, la chiffe molle (pour ne pas dire autre chose), le manque d’inspiration, le sentiment de ne pas pouvoir continuer avec le même véhicule. Un peu comme si je m’étais aventuré sur la « Route 66 » avec le 103 Peugeot de mon adolescence (les connaisseurs apprécieront).

Il y a quelques jours à peine, à la faveur d’une longue insomnie nocturne provoquée par la qualité déplorable d’un couchage, j’ai eu la révélation, la solution, j’ai enfin compris pourquoi je n’arrivais pas à poursuivre l’écriture de cet essai qui, en toute modestie, changera la face du monde. J’ai réalisé que j’avais commencé la rédaction du machin sur un style mi-universitaire, mi-journaliste, soit mi-ce que je ne suis pas et mi-ce que je ne suis pas non plus.

Même si je pense que j’aurais été un formidable journaliste dans une autre vie, certainement multi-pulitzerisé, même si je prouverai un jour que mes relations avec le système universitaire ne sauraient se résumer à ce jeu électronique à la cafet’ de la Fac de Sceaux dont j’étais le recordman adulé par le club autoproclamé des fumistes épicuriens, je ne suis ni journaliste ni universitaire. Mes qualités rédactionnelles, si tant est que j’en ai, sont ailleurs. Je ne suis pas dans la description détachée, je ne suis pas dans l’analyse sémantique de la dialectique du truc ou du machin en rapport avec ce que Dr.X ou Professor Y a prophétisé dans un ouvrage de référence de 814 pages. Ma plume à moi est pauvre d’un point de vue académique/journalistique mais un peu plus riche d’un point de vue émotionnel. Si je bloque aujourd’hui, c’est que j’ai essayé d’aller contre nature en me contraignant au style de quelqu’un qui m’est étranger.

Alors j’ai décidé de reprendre la rédaction de mon essai en étant ce que je suis et non pas ce que j’essaye d’être. Dans les tout prochains jours, je vais rouvrir mon manuscrit et lui insuffler du Ginisty dans la forme et le fond avec toute la perfectibilité que cette proposition implique. « J’aurais voulu être un artiiiii-ste » mais je ne suis qu’un modeste blogueur impulsif, un rédacteur peu académique et peu savant, mais qui sent les choses, les anticipe et peut en décrire les ressorts.

L’acceptation de ma condition m’a d’une certaine manière libéré. Je vais finir mon essai sans  me soucier outre mesure de celui que je voulais faire apparaître sans en avoir fondamentalement les qualités.

Je ne vous dis pas que ce sera super mais une chose est sûre, cet essai me ressemblera dans la forme et le fond. Et je vous parie que je le finis dans moins de deux petits mois maintenant que j’ai la clé.

A suivre…

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