Il y a 6 ans : ReputationWar

Il y a exactement 6 ans jour pour jour se tenait la toute première édition de la conférence ReputationWar (photo ci-dessus en compagnie de Thierry Wellhoff, Président de l’agence Wellcom et ancien président de Syntec RP et Pascale Azria, Directrice Générale Associée de l’agence Kingcom et actuelle présidente du Syntec RP) que nous avions créée en collaboration avec le Syntec-RP et l’IPRA dont je venais de prendre la présidence. Notre idée était d’interpeller les professionnels de la communication sur l’urgence de prendre en compte la dimension « réputationnelle » dans leur stratégies de prise de parole, sous peine de devoir affronter des campagnes de déstabilisation potentiellement violentes en ligne. D’où le nom de ReputationWar. Nous pressentions en effet que les réseaux sociaux avaient en eux un potentiel de violence indéniable.

Après l’intervention du tout premier speaker, une question fut posée par une participante sur le bien-fondé, justement, d’utiliser la référence à la guerre dans le titre de la conférence. Tenant à rappeler que les marques et les organisations n’étaient pas en guerre avec le public, elle nous pria de justifier ce choix, ce que je fis immédiatement. Deux années plus tard, je décidai néanmoins de changer le nom de la conférence pour la rebaptiser « ReputationTime ».

La conférence aurait lieu ce matin, je suis certain que personne ne poserait cette même question. Car en 2019, même si nous ne sommes toujours pas en guerre avec les différentes audiences avec lesquelles nos organisations interagissent, il ne fait plus aucun doute que les conversations en ligne ont libéré une violence inouïe de la part d’utilisateurs très actifs. A tort ou à raison, la toile s’est peuplée de ce que l’on appelle désormais les « haters« , des personnes qui passent leur temps à dénigrer une cible, souvent incarnée par des personnes célèbres, qu’ils soient artistes, dirigeants, hommes ou femmes politiques. Leurs voix sont fortes et leur pugnacité toxique dépasse de très loin l’activité « normale » de celles et ceux qui affichent de la neutralité ou une certaine bienveillance critique.

Twitter semble être leur terrain de jeu de prédilection. A longueur de journée, ils déversent leur fiel et alternent insultes, menaces dans une vulgarité apparemment sans limite, souvent dissimulés derrière des pseudos qui rendent impossible leur identification. Du coup, on ne compte plus les utilisateurs qui quittent le réseau de micro-blogging à cause de ça.

Les « haters » ne sont pas majoritaires sur les réseaux mais ils sont parmi les plus bruyants et contribuent collectivement à détériorer gravement l’expérience utilisateur. C’est donc une véritable tendance à laquelle il faut prêter attention en ce début d’année 2019.

Leur activisme risque de chambouler complètement la manière avec laquelle les organisations conçoivent leurs stratégies d’engagement. Cela risque aussi d’avoir un impact sur la place de certaines plateformes dans la formation de l’opinion, plateformes qui pourraient bien être boudées par les influenceurs les plus précieux et recherchés. Cela pourrait enfin avoir un impact sur la dimension publique de l’engagement. Les organisations pourraient se rabattre sur des stratégies de micro-influence, histoire de traiter les relais d’opinion en one-to-one et non plus publiquement.

Quoiqu’il en soit, nous étions bien précurseurs en 2013 lorsque l’équipe des « warriors » a organisé la première édition de ReputationWar.

A suivre…

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