Digital detox : De quoi faut-il vraiment se déconnecter ?

Voilà un mot tendance que l’on retrouve un peu partout en ce moment jusque dans les cabinets des thérapeutes : la « digital detox » n’a jamais été aussi tendance, trending comme on dit chez les « digital natives », ce peuple protéiforme né avec Internet et qui n’a jamais connu Calvacom et son impromptu de tonalités stridentes.

L’idée principale est que nous serions des millions à ne plus avoir de vie normale, accrochés au-delà du raisonnable et comme des crétins dépendants à nos smartphones/tablettes/ordinateurs, en quête d’un « like » hypothétique, d’une « swip » droit, d’un « share » ou d’un « snap » (pardon pour le jargon) pour nous confirmer que nous sommes toujours vivants au sein de notre communauté d’affection.

Même si je vous avoue que je me suis souvent posé la question de mon propre retour à une vie non connectée, comme une sorte de dénuement salutaire, je me suis aussi posé la question de ce qui était vraiment toxique pour mon équilibre psychologique.

Car je n’en ai pas l’air comme ça mais je suis en perpétuelle quête d’harmonie et de paix intérieure (si, si, puisque je vous le dis !!!).

Après avoir fait le tour de la question, je pense que la vraie « digital detox » ne devrait pas impliquer la déconnexion totale et le dégagisme appliqué à son iPhone X que l’on s’empressera de jeter dans la poubelle des encombrants en guise de revendication ultime de l’affirmation de son être potentiellement retrouvé loin de scories digitales. Et je ne dis pas ça parce que l’iPhone en question coûte une blinde !

En fait, je crois que la vraie « Digital detox » ne consiste pas à se déconnecter des outils mais des contenus.

Je pense que ce qui est vraiment toxique à nos vies en société et accessoirement à notre équilibre n’est pas le fait que nous soyons connectés, géolocalisés, profilés, capables de trouver le meilleur restaurant du bled le plus paumé de l’hexagone en un clic sur Google Maps, mais que nous soyons en permanence agressés par une actualité indigeste et triturée par des cohortes de fous furieux.

Le web social a élevé vers des niveaux stratosphériques jusqu’alors non explorés les limites notre capacité à traiter une pseudo-information faite d’émotions mal régulées mais cependant éructées par le premier millier de commentateurs venus grossir la spirale folle des partages inconscients. En nous connectant chaque jour, nous sommes au contact de l’abject, de l’ignorant, du commentaire sans fondement, de la violence banale des contestations anonymes. Certes, il n’y pas que ça, mais il y a ça aussi.

Les réseaux sociaux sont d’une violence rare et inédite. Les opinions et les émotions qui s’y répandent à longueur de journée sur les sujets d’actualité et singulièrement sur la politique nous submergent. C’est une authentique pollution, un flot discontinu de polémiques stériles et crétines, une escalade ininterrompue de formules drolatiquement pathétiques portées par le challenge implicite d’en publier la pire.

Je ne pense pas que nous soyons mentalement équipés pour affronter tout ça et c’est pourquoi je crois que la « digital detox » est une bonne idée.

Mais attention, je pense aussi que la vraie salutaire detox ne consiste pas à se déconnecter du réseau mais à prendre de la distance par rapport à cette société du commentaire et à trouver les moyens de l’ignorer. Je pense que nous devons retrouver le sens du temps long pour nous libérer des chaînes de l’immédiateté mal dégrossie. C’est ça pour moi la vertueuse digital detox.

A suivre…

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